Live Report : Fnac Indétendances 2007

Samedi 18 août

J’attendais avec impatience cette dernière journée de la quatrième édition du festival Fnac Indétendances à Paris Plage…Toutefois, le quotidien du festivalier estival est parfois semé d’embûches logistiques. Je manque donc la première prestation de l’après-midi, celle du groupe Izabo, annoncé comme le show live le plus captivant de la scène israélienne. Je suis en revanche présente pour apprécier toute la générosité musicale des québéquois de Galaxie, en manque de bière, certes, mais jamais en panne d’humour entre riffs rock surpuissants et harmonies folk-punk.

Au menu ensuite, de la volaille pas comme les autres, épargnée par le terrible H5N1, mais néanmoins ravagée par un tout autre virus: celui de l’amour! Les Suprêmes Dindes placent leur set sous le signe de la révolution sexuelle. C’est ainsi que, aussi bien dans les buissons côté Seine, que depuis les barrières côté scène où aficionados pogottent allègrement, l’on assiste à la transformation des secrétaires ‘libertines’ aux avantageux colliers de perles en punkettes gigotantes. Je ne peux m’empêcher d’avoir une vision du magnifiquement charismatique Rod Stewart…peut-être en raison des crinères blondes couronnées de crêtes rebelles, ou encore l’intemporelle panoplie de l’imprimé léopard et de la minijupe néon. Loin de moi l’idée de faire un compte rendu ‘mode ‘, toutefois le constat est là: en fin de soirée, soutien-gorges à moitié dégraffés et corsets laissant peu à l’imagination avaient marqué les esprits et trouvé un emplacement de choix sur bon nombre de cartes mémoire, quitte à parfois même choquer. Ce n’est cependant pas qu’une question de look. Leurs yeux fardés à la Gucci démoniaque portent un regard cinglant sur celui qui « parle politique au comptoir quand tout ce qui l’intéresse, c’est [son] permis à points », alors que mimiques labiales et guitares éléctriques se prononcent avec stridence contre l’immobilisme clérical et le racisme et pour le bonheur.

« Qu’est-ce qu’il a plus que moi ce Bertrand? » Barbara, jeune femme de l’auditoire, ne semble guère s’en préoccuper lorsqu’elle rejoint le groupe Marcel et son orchestre sur scène et agrémente la mélange déjà piquant de ska bondissant et de punk rock engagé, d’un rugissement détonant de justesse. Fort d’un nouvel opus, ‘les Marcels’, comme on les désigne affectueusement, sont en terrain conquis auprès d’un public « de gosses de riches » (dixit le groupe): une foule prête à exécuter toutes les acrobaties et vocalises nécessaires pour manifester leur adhésion à un mouvement qui ne comprend pas pourquoi aujourd’hui, « se faire chier est presque devenu un signe de pertinence intellectuelle ». Au crépuscule, les sept fanfarons accoutrés de leurs désormais légendaires perruques et tenues bariolées, dirigent le public dans une danse qui, de leurs propres aveux, « tétanise, terrorise, et glace le sang des branchés »: une folle farandole à faire froufrouter les volants des robes des protagonistes et de l’assistance et à faire se dresser les oreilles du lapin géant installé à l’une des batteries. C’est un véritable kit de survie sociale, politique, humaine et environnementale dont ils nous font cadeaux, et à bon prix de surcroît, car on est un peu à « un concert de Mylène Farmer, mais cent euros moins cher ».

Et puis quelques mots de fin. Même si l’on sait qu’elle se renouvellera, il est toujours touchant d’assister à la fin d’une aventure. Bravo à tous! Vous êtes génials, et la robe vous sied à ravir Monsieur le programmateur!

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