Critique d’album : Babet – Drôle d’oiseau

babetDrôle d’oiseau… de bonne augure?

C’est un voyage empreint de nostalgie et peuplé d’êtres fantastiques et merveilleux pour lequel nous embarquons à bord des ailes du Drôle d’Oiseau de Babet. Celle qui incarne depuis dix ans la violoniste enflammée et le timbre féminin discordant de la formation déjantée de Dionysos, nous livre aujourd’hui son premier opus composé de 15 titres de son cru, dans l’ensemble langoureux et mélancoliques.

Une plongée dans l’univers souvent nautique, parfois céleste et tellement personnel de Babet que l’on imagine mal ses compositions, à la fois planantes et brèves, habiller les lèvres souriantes d’une autre.

L’orchestration est soignée: l’on notera l’importance des cordes, évidemment, mais aussi de la rythmique qui appuie de manière quasi-subliminale l’aspect hypnotique de certaines plages. Le son, tantôt minimaliste et acoustique, tantôt étouffant, est émaillé de bruitages, d’onomatopées, de choeurs qui prennent sur « Les Marins » des allures de chants de sirènes, nous donnant l’illusion de nous enfoncer au coeur d’une ondée d’algues…

En hôtesse narratrice, elle nous fait part de confidences, d’histoires ou encore de comptines, à l’instar du « Piano Eléphant » qui nous ramène au temps des goûters d’enfance. Le timbre déjà familier de Babet entonne avec légèreté, parfois à bout de souffle, chansons en anglais et français, surjouant parfois, hélas, de son ton nasillard (notamment dans « Cocomoto » à l’empreinte pop- punk) et de la candeur des paroles (« Andy »).

La mélancolie ambiante s’illumine au fil des écoutes. Se révèlent alors des facettes plus jubilatoires, jusqu’à cet adieu (« Je Pars ») où elle nous redépose au pas de la porte en nous dévoilant au creux de l’oreille les horizons de ses prochains vagabondages oniriques. Drôle d’Oiseau est un album inégal, parfois répétitif, mais dans lequel certains airs, mémorables et dépaysants, nous accompagneront sans doute dans nos périples quotidiens.

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