Critique d’album : Dry Can – Something Like That

« Something like that… », le premier album de Dry Can est sorti en janvier 2007. Le groupe, dont le nom fait référence à une image du film Bagdad Café, est né à la fin des années quatre-vingt dix de la réunion de deux vocalistes-guitaristes, Anne et Antoine, déjà membres d’une précédente formation musicale (Xanadis).

« Something like that », entièrement en anglais, est donc le fruit de longues années de maturation, pendant lesquelles ces autodidactes ont allié leurs voix, guitares et repères musicaux respectifs, tout en cherchant à consolider l’aspect rythmique qui leur faisait manifestement défaut. Chose faite et pari remporté pour ce jeune quatuor, avec Pascal et Olivier endossant désormais respectivement la batterie et la basse!

Difficile de résister à l’alchimie des voix, masculine et féminine, à la fois mélodieuses et métal, des guitares soutenues et du cadrage rythmique. Je mentionnerai pour la forme quelques influences musicales signalées par le groupe lui même telles que Pearl Jam, Soundgarden, Deftones, Incubus, Led Zeppelin, mais hors de question de considérer cet album -beaucoup trop court du haut de ses 36:59- comme un revival ‘à la sauce française’ de l’époque de gloire de Seattle. Dès la première écoute, agréable sensation, en effet, que celle de pouvoir repérer une mélodie, entonner quelques airs, tout en battant la mesure du pied, hochant incontrôlablement la tête et attendant avec anticipation les prochaines mesures comme les dénouements d’un haletant thriller musical. Existe-t-il meilleurs indices d’adhésion que ceux-ci?

L’album ouvre sur « Wherever I stand » qui installe un climat de ballade avant d’emporter l’auditeur progressivement, par le biais de riffs et voix saturées, vers des bords délicieusement métal. « Wild », deuxième titre plus funky, voit un chant à la tonalité initialement grave se décrocher et se casser, la guitare partir en solo. Une production décidément soignée de bout en bout, se jouant du chaos comme le ferait une symphonie. A l’écoute de « Unreal », il me vient des références complètement différentes de celles habituellement citées: aussi les harmonies me font-elles penser à du Mamas et Papas gonflé de grosses guitares classic rock qui, légèrement déchirées laissent entrevoir un subtil éclat métal (encore une fois)…et puis ce léger accent irlandais final. « Leader » est à savourer au casque pour apprécier l’entrée en matière oreille par oreille mais, tout comme les sept autres titres, à écouter absolument. Il en va de la relève rock française.

Je ne ferai guère un rapport morceau par morceau de cet opus autoproduit: je vous laisse, au contraire, le plaisir de découvrir par vous-même le son de Dry can…un objet à fort contenu qu’on aura bien du mal à poser. Nous voilà rassasiés jusqu’à la dernière note, nos lèvres complices arborant un sourire béat et coquin, à l’image de la petite Marion (soeur aînée d’Anne) en couverture de la pochette aux allures vintage.

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